Fiscalité des revenus locatifs en Côte d’Ivoire en 2026
Vous louez une maison, un appartement, une boutique ou un terrain ? Voici les impôts réellement applicables, la méthode de calcul, les échéances et les preuves à conserver pour rester en règle sans payer deux fois.
L’essentiel à retenir
- Un bien loué supporte généralement deux composantes : l’impôt sur le revenu foncier et l’impôt sur le patrimoine foncier.
- Pour une personne physique, les taux de droit commun représentent ensemble 12 % de la valeur locative annuelle : 3 % + 9 %.
- Pour une entreprise ou une personne morale, le total de droit commun atteint généralement 15 % : 4 % + 11 %, sous réserve du statut exact de la structure.
- Le calcul repose sur la valeur locative, pas sur un bénéfice obtenu après déduction des travaux, des intérêts d’emprunt ou des frais d’agence.
- Lorsqu’un locataire professionnel est soumis à l’obligation de retenue, il prélève un acompte sur le loyer. Le bailleur doit obtenir la preuve de cette retenue.
1. Quels impôts s’appliquent à un bien loué ?
En Côte d’Ivoire, parler d’un unique « impôt sur les loyers » est trompeur. Lorsqu’un immeuble bâti ou non bâti produit un revenu locatif, la fiscalité foncière comprend normalement deux éléments.
L’impôt sur le revenu foncier
Il est dû en raison du revenu tiré de la mise en location. Son taux de droit commun est fixé à 3 % de la valeur locative pour une personne physique et à 4 % pour une entreprise ou une personne morale.
L’impôt sur le patrimoine foncier
Il est lié à la propriété, à la possession ou à la détention du bien. Pour un immeuble productif de revenus, son taux de droit commun est de 9 % de la valeur locative pour une personne physique et de 11 % pour une entreprise ou une personne morale.
| Propriétaire | Revenu foncier | Patrimoine foncier | Total indicatif |
|---|---|---|---|
| Personne physique | 3 % de la valeur locative | 9 % de la valeur locative | 12 % |
| Entreprise ou personne morale | 4 % de la valeur locative | 11 % de la valeur locative | 15 % |
Le prochain guide Babi Immo consacré à l’impôt foncier en Côte d’Ivoire détaillera également les biens non loués, les terrains nus, les logements vacants et la réforme de la valeur marchande.
2. Qui doit déclarer et payer ?
Le redevable est généralement le propriétaire ou le possesseur du bien. Les textes visent aussi, selon les situations, l’usufruitier, le concessionnaire, l’emphytéote, le preneur d’un bail à construction ou le propriétaire du sol lorsqu’il perçoit un loyer.
Dans la pratique, quatre règles simples permettent d’éviter les malentendus :
- Un petit loyer reste un loyer. Il ne faut pas inventer soi-même un seuil d’exonération parce que le montant paraît modeste.
- Vivre hors de Côte d’Ivoire ne supprime pas l’obligation. Le bien situé en Côte d’Ivoire reste dans le champ de la fiscalité ivoirienne.
- Confier la gestion à une agence ou à un proche ne transfère pas automatiquement la dette fiscale. Le mandat doit dire clairement qui reçoit les avis, effectue les paiements et remet les justificatifs.
- En cas d’indivision, il faut organiser la représentation. Une famille qui encaisse les loyers sans responsable identifié s’expose aux paiements oubliés et aux justificatifs introuvables.
3. Comment calculer la fiscalité locative ?
La base est la valeur locative annuelle
La DGI définit la valeur locative comme le prix que le propriétaire retire de l’immeuble lorsqu’il le donne à bail, ou celui qu’il pourrait en retirer en cas de location. Pour un logement effectivement loué dans des conditions normales, le loyer annuel constitue donc le premier repère.
Valeur locative annuelle indicative
Loyer mensuel × 12
Personne physique
Valeur locative × 3 % + valeur locative × 9 %
Entreprise ou personne morale
Valeur locative × 4 % + valeur locative × 11 %
La base de l’imposition d’une année est normalement déterminée à partir de la valeur locative de l’année précédente. La DGI peut contrôler le montant déclaré et le corriger si le bail, les loyers pratiqués ou les biens comparables montrent une valeur différente.
Exemple 1 : un appartement détenu par un particulier
Un appartement à Marcory a été loué 300 000 FCFA par mois pendant l’année précédente.
- Valeur locative annuelle : 300 000 × 12 = 3 600 000 FCFA.
- Impôt sur le revenu foncier : 3 600 000 × 3 % = 108 000 FCFA.
- Impôt sur le patrimoine foncier : 3 600 000 × 9 % = 324 000 FCFA.
- Total indicatif : 432 000 FCFA, soit 12 % de la valeur locative.
Si ce total est payé en quatre fractions égales, chacune représente 108 000 FCFA.
Exemple 2 : un local appartenant à une société
Une société loue un local pour 600 000 FCFA par mois.
- Valeur locative annuelle : 600 000 × 12 = 7 200 000 FCFA.
- Impôt sur le revenu foncier : 7 200 000 × 4 % = 288 000 FCFA.
- Impôt sur le patrimoine foncier : 7 200 000 × 11 % = 792 000 FCFA.
- Total indicatif : 1 080 000 FCFA, soit 15 % de la valeur locative.
4. Comment déclarer et payer en 2026 ?
La bonne méthode consiste à faire correspondre trois éléments : le bien enregistré auprès de la DGI, sa valeur locative à jour et les paiements réellement justifiés.
Le dossier foncier est suivi par le service d’assiette des impôts du lieu où se situe l’immeuble. Vérifiez également que le propriétaire dispose d’un numéro de compte contribuable et que l’adresse du bien est correctement enregistrée.
La documentation de la DGI indique, pour les personnes physiques, une période de déclaration comprise entre le 1er octobre et le 15 novembre. Une déclaration complémentaire est nécessaire lorsque la valeur locative, l’affectation, le propriétaire ou les caractéristiques du bien changent.
Avant de payer, vérifiez le nom du redevable, l’identification du bien, son usage, la valeur locative retenue, l’année concernée et les éventuels acomptes déjà prélevés.
Les particuliers paient normalement en quatre fractions. Les entreprises individuelles et personnes morales suivent un calendrier en deux fractions.
Archivez l’avis, la quittance, l’accusé de paiement électronique et toute attestation de retenue remise par un locataire professionnel.
Les échéances à retenir
| Profil | Fractionnement habituel | Dates limites indiquées par la DGI |
|---|---|---|
| Personne physique | 4 fractions égales | 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre |
| Entreprise individuelle ou personne morale | 2 fractions égales | 15 mars et 15 juin |
Les particuliers peuvent consulter leurs avis et suivre leurs paiements depuis les services officiels e-Impôts. L’avis reçu et les indications du centre des impôts restent déterminants pour votre dossier particulier.
5. Que se passe-t-il si le locataire retient une partie du loyer ?
Lorsque le locataire est notamment une entreprise relevant d’un régime visé par les textes, il peut être tenu de prélever un acompte au titre des impôts sur les revenus locatifs au moment du paiement du loyer.
- Le taux de retenue est de 12 % lorsque le local appartient à une personne physique.
- Il est porté à 15 % lorsque le local appartient à une entreprise ou à une personne morale.
- Les ambassades et organismes internationaux sont également visés par le dispositif présenté par la DGI.
Exemple concret
Un particulier loue une boutique 400 000 FCFA par mois à une entreprise soumise à cette obligation. La retenue mensuelle est de 48 000 FCFA, soit 12 %. Le bailleur reçoit donc 352 000 FCFA et doit récupérer une preuve de la retenue opérée.
Le locataire professionnel peut également demander l’attestation d’immatriculation fiscale du bailleur et une copie de sa déclaration foncière. Anticipez ces documents dès la signature du bail au lieu d’attendre le premier paiement.
6. Les situations qui demandent une vigilance particulière
Les loyers sont encaissés en espèces
Un paiement en espèces ne fait pas disparaître l’obligation fiscale. Numérotez les quittances, tenez un relevé mensuel et déposez les fonds de manière traçable. Un cahier non signé ou des messages WhatsApp isolés ne suffisent pas toujours à reconstituer plusieurs années de gestion.
Un proche gère le logement
Prévoyez un mandat écrit précisant le loyer, les dépenses autorisées, le compte de réception, les échéances fiscales et le reporting. Demandez chaque mois le relevé des encaissements et chaque trimestre les justificatifs fiscaux correspondants.
Le propriétaire vit à l’étranger
Organisez l’accès aux avis électroniques et, si une personne intervient localement, utilisez un mandat suffisamment précis. Ne transférez pas des sommes intitulées simplement « impôts maison » sans recevoir l’avis concerné et la quittance officielle.
Le loyer, l’usage ou l’occupation a changé
Passage d’un logement à une boutique, augmentation du loyer, vacance prolongée, division d’une villa en plusieurs unités ou changement de propriétaire : ces événements peuvent modifier le dossier fiscal. Déposez une déclaration complémentaire et laissez la DGI recalculer la situation. Ne réduisez pas vous-même le montant de l’avis.
La location est meublée, saisonnière ou accompagnée de services
Une activité organisée d’hébergement, de location courte durée ou de prestations associées peut entraîner d’autres obligations fiscales et commerciales. Le simple réflexe français « location meublée = BIC » ne doit pas être transposé automatiquement. Faites qualifier l’activité selon le droit ivoirien et votre statut réel.
7. Les erreurs les plus fréquentes
- Appliquer un taux unique sans distinguer revenu foncier et patrimoine foncier.
- Déduire soi-même travaux, assurance, crédit ou honoraires de la valeur locative.
- Confondre l’enregistrement du bail avec le paiement annuel des impôts fonciers.
- Oublier de demander la preuve d’une retenue opérée par un locataire professionnel.
- Payer par l’intermédiaire d’un proche sans récupérer de quittance officielle.
- Continuer à utiliser un ancien avis après une hausse de loyer ou un changement d’usage.
- Attendre une vente pour découvrir plusieurs années d’arriérés ou une erreur d’identification.
- Présenter comme certaine une estimation faite sans l’avis ni le dossier DGI du bien.
8. Comment régulariser une situation ancienne ?
Si le bien a été loué pendant plusieurs années sans suivi clair, commencez par reconstituer les faits. Payer une somme approximative à un intermédiaire ne régularise rien.
- Rassemblez les baux, quittances de loyer, relevés bancaires et messages utiles.
- Retrouvez les anciens avis d’imposition et toutes les quittances DGI disponibles.
- Demandez aux locataires professionnels leurs attestations de retenue manquantes.
- Vérifiez auprès du centre des impôts l’identification du bien, les années ouvertes et les montants inscrits au compte.
- Demandez un décompte officiel avant de payer et conservez toute correspondance.
- En cas de désaccord important, faites-vous accompagner par un fiscaliste, un conseil juridique ou un professionnel qualifié.
Pour aller plus loin
Comprendre le calcul, les biens non loués et les échéances. Bien gérer un bien immobilier
Bail, encaissements, entretien et preuves à conserver. Rédiger un contrat de bail
Les clauses utiles pour sécuriser la relation locative. Investir dans le locatif
Calculer la rentabilité après charges, vacance et fiscalité.
Jean — Équipe Babi Immo
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Découvrir les outils Babi ImmoSources officielles consultées
- Direction générale des Impôts — Impôts et taxes en Côte d’Ivoire, articles 151 à 165 du CGI.
- Direction générale des Impôts — Le système fiscal ivoirien, fiscalité immobilière, valeur locative, déclaration, paiement et retenues.
- Annexe fiscale à la loi de finances pour 2026, notamment les aménagements relatifs à l’impôt foncier.
- Bulletin officiel de la DGI 2026, analyse des dispositions applicables.
- Portail officiel e-Impôts, consultation des avis et suivi des paiements.
Avertissement : ce guide présente les règles générales disponibles en août 2026. La forme juridique du propriétaire, la nature du bail, les exonérations, l’historique du bien ou une activité d’hébergement peuvent modifier le traitement applicable. Pour une déclaration, un redressement ou un montage particulier, faites confirmer votre situation par la DGI ou un professionnel qualifié.

